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Pixel espion : ce qu’il révèle et comment le bloquer
Un pixel espion dans un courriel permet à l’expéditeur de savoir que vous avez ouvert son message. Le courriel contient une minuscule image, habituellement invisible, stockée sur le serveur de l’expéditeur à une adresse Web créée pour vous. Quand votre app de courriel la charge, le serveur enregistre que vous avez ouvert le message, à quel moment, sur quel type d’appareil et depuis quelle adresse IP. L’adresse IP indique une position approximative.
Pour le bloquer, désactivez le chargement automatique des images dans votre app de courriel (étapes pour chaque app). Un proxy d’images comme celui de Gmail masque votre adresse IP et votre appareil, mais habituellement pas l’ouverture. Dans Mail d’Apple, « Protéger votre activité dans Mail » fait passer chaque message pour ouvert. Les liens font l’objet d’un suivi distinct. On parle aussi de pixels de suivi ou de balises Web (web beacons), et les apps de courriel appellent ces images « contenu distant » ou « images externes ». CatchNone, une app d’alias de courriel pour iPhone, iPad et Mac, garde les images distantes, y compris la plupart des pixels espions, bloquées jusqu’à ce que vous les chargiez, et donne à chaque inscription sa propre adresse : une ouverture confirmée ne mène donc qu’à un seul alias, pas à votre adresse courriel principale.
Comment fonctionne un pixel espion dans un courriel
Dans un courriel, un pixel de suivi est une balise d’image ordinaire. En voici un exemple fictif, sur un domaine générique, qui ne reprend le format d’aucune plateforme réelle :
<img src="https://t.example.com/open/8f2c41d7e9.gif?m=autumn-sale"
width="1" height="1" alt="">
t.example.comest un serveur exploité par l’expéditeur ou par sa plateforme d’envoi de courriels. L’image ne se trouve pas dans le courriel : votre app doit donc aller la chercher.8f2c41d7e9est un identifiant créé pour vous et pour ce message. Il transforme « quelqu’un a ouvert ce message » en « vous avez ouvert ce message ». La CNIL, l’autorité française de protection des données, indique que l’adresse d’un pixel comporte habituellement « des paramètres individualisés relatifs à l’utilisateur ou au contexte dans lequel l’image apparaît ».width="1" height="1"et l’attributaltvide la gardent hors de vue.
Quand votre app va chercher l’image, le serveur enregistre l’identifiant, l’heure, votre adresse IP ainsi que l’app et le système indiqués dans l’en-tête User-Agent de la requête. Le rapport de l’expéditeur indique alors que vous avez ouvert le courriel. Les pages d’aide de Mailchimp le confirment du côté de l’expéditeur : le suivi des ouvertures ne fonctionne pas dans les courriels en texte brut, ni quand l’app du destinataire n’affiche pas les images. C’est pourquoi bloquer les images fonctionne.
Un pixel espion n’a pas besoin de mesurer 1×1. Toute image distante dont l’adresse vous est propre, comme un logo ou une bannière, peut jouer le même rôle.
Ce que révèle un pixel de suivi dans un courriel
L’Information Commissioner’s Office (ICO) du Royaume-Uni, la CNIL, Apple et Mailchimp décrivent à peu près la même liste. Un expéditeur peut apprendre :
- si vous avez ouvert le message, quand et combien de fois;
- votre type d’appareil, votre système d’exploitation et votre app de courriel;
- votre adresse IP et, à partir de celle-ci, une position approximative;
- si vous l’avez transféré, parce que la copie transférée contient toujours votre pixel.
La CNIL ajoute que les pixels ne donnent pas accès à vos autres courriels ni à votre boîte courriel. Ils peuvent toutefois aller au-delà de l’expéditeur : une étude de Princeton de 2018 portant sur des listes de diffusion commerciales a révélé qu’environ 30 % des courriels transmettaient l’adresse courriel du destinataire à des tiers lorsqu’ils étaient affichés.
Un courriel peut-il révéler votre position ou votre adresse IP?
Seulement de façon approximative, et seulement si votre appareil va chercher l’image lui-même, si vous cliquez sur un lien suivi ou si vous ouvrez une pièce jointe qui va chercher quelque chose sur Internet. MaxMind, un important fournisseur de géolocalisation par adresse IP, affirme que ses données ne sont « jamais assez précises pour identifier ou localiser un ménage, une personne ou une adresse municipale en particulier ». Pour les adresses IP des États-Unis, il estime la précision à environ 66 % à l’échelle de la ville, dans un rayon de 50 km (environ 30 milles). Attendez-vous à révéler votre ville ou votre région, ainsi que votre fournisseur Internet. Un VPN change l’adresse IP que voit l’expéditeur, mais il ne cache pas l’ouverture.
Gmail fonctionne autrement. Depuis 2013, Gmail va chercher les images par les serveurs de Google, et Google affirme que les expéditeurs « ne peuvent pas utiliser le chargement des images pour obtenir des renseignements sur votre ordinateur ou votre position ». Google précise aussi que « parfois, les expéditeurs peuvent savoir si vous avez ouvert un courriel qui contient une image ». Litmus, qui mesure les ouvertures pour le compte des expéditeurs, enregistre toujours les ouvertures dans Gmail « par le cache d’images de Gmail ». Le proxy masque votre adresse IP, votre appareil et votre position. Il ne masque habituellement pas le fait que vous avez ouvert le message.
Ce que révèle chaque app de courriel
| Où vous lisez vos courriels | Les images se chargent-elles d’elles-mêmes? | L’expéditeur voit-il votre adresse IP? | L’expéditeur sait-il que vous avez ouvert le message? |
|---|---|---|---|
| CatchNone | Non, tant que vous ne touchez pas « Charger les images » | Seulement si vous les chargez | Seulement si vous les chargez |
| Mail d’Apple, « Protéger votre activité dans Mail » activé | Oui, en arrière-plan à l’arrivée du courrier, par deux relais | Non | Non : chaque message livré semble ouvert |
| Mail d’Apple, « Protéger votre activité dans Mail » désactivé | Oui, sauf si « Bloquer tout le contenu distant » est activé | Oui, sauf si « Hide IP Address » (masquer l’adresse IP) est activé | Oui, quand les images se chargent |
| Gmail (Web et apps) | Oui, par le proxy d’images de Google | Non | Habituellement (Google dit « parfois ») |
| Outlook classique pour Windows | Non, bloquées par défaut | Seulement si vous téléchargez les images | Seulement si vous téléchargez les images |
| Outlook pour Mac | Non, bloquées par défaut | Seulement si vous téléchargez les images | Seulement si vous téléchargez les images |
| Outlook pour iPhone et Android | Oui, sauf si vous choisissez « Block external images » (bloquer les images externes) ou « Load images for safe senders » (charger les images des expéditeurs approuvés) | Non documenté | Oui, quand les images se chargent |
| Outlook.com | Non documenté; les images passent par le proxy d’images de Microsoft | Non, si le proxy est activé | Non documenté |
| Yahoo Mail | Oui, sauf dans le dossier Spam (selon l’aide de Yahoo pour son ancienne version de bureau) | Non documenté | Oui, quand les images se chargent |
| Fastmail (Web et apps) | Selon votre réglage; jamais dans le dossier Spam | Non, Fastmail va les chercher | Oui, quand les images se chargent |
| Proton Mail, « Block email tracking » (bloquer le pistage des courriels) activé | Pisteurs connus retirés; autres images récupérées à l’arrivée par un proxy | Non | Pas par les images |
| Thunderbird | Non, bloquées par défaut | Seulement si vous les chargez | Seulement si vous les chargez |
Vérifié dans les pages d’aide de chaque fournisseur (iOS 27, macOS 27) et dans les réglages par défaut de Thunderbird, en septembre 2026. Le masquage de l’adresse IP par Apple dépend de l’activation de « Limiter le suivi de l’adresse IP » pour le réseau que vous utilisez.
Comment bloquer les pixels espions
Vous avez rarement besoin d’un bloqueur de pixels espions distinct : le réglage des images de votre app de courriel fait office de bloqueur. Si votre app va déjà chercher les images par un proxy (Gmail, Outlook.com, Fastmail), désactiver les images ajoute une seule chose : l’expéditeur n’apprend plus que vous avez ouvert le message.
Mail d’Apple
Sur iPhone et iPad (iOS 27 et iPadOS 27), allez dans Réglages > Apps > Mail > « Protection de la confidentialité » et activez « Protéger votre activité dans Mail ». Selon Apple, l’option nécessite aussi « Limiter le suivi de l’adresse IP », qui se règle pour chaque réseau : allez dans Réglages > Wi-Fi et touchez le bouton d’information à côté de votre réseau (étapes d’Apple). Sur Mac, choisissez Mail > Réglages > Confidentialité et cochez « Protéger l’activité de Mail ». Si vous préférez que rien ne se charge avant que vous le demandiez, l’autre option est « Bloquer tout le contenu distant », avec « Hide IP Address » (masquer l’adresse IP). Comment fonctionne la « Protection de la confidentialité dans Mail » sur iPhone et Mac présente les étapes et les compromis.
Gmail
Google documente un réglage distinct pour le Web, Android et iPhone : modifiez donc chacun de ceux que vous utilisez (étapes de Google).
Sur ordinateur :
- Dans Gmail, cliquez sur « Settings » (Paramètres) en haut à droite, puis sur « See all settings » (Voir tous les paramètres).
- Dans l’onglet « General » (Général), faites défiler jusqu’à « Images » et sélectionnez « Ask before displaying external images » (Demander avant d’afficher les images externes).
- Cliquez sur « Save Changes » (Enregistrer les modifications) au bas de la page.
Sur Android :
- Dans l’app Gmail, touchez « Menu », puis « Settings » (Paramètres), puis votre compte.
- Sous « Data usage » (Consommation des données), touchez « Images », puis « Ask before showing » (Demander avant d’afficher).
Sur iPhone et iPad :
- Dans l’app Gmail, touchez « Menu », puis « Settings » (Paramètres).
- Sous « Inbox » (Boîte de réception), touchez « Email preferences » (Préférences de courriel), puis « Images », puis « Ask before displaying external images » (Demander avant d’afficher les images externes).
Sur le Web, cliquez sur « Display images below » (Afficher les images ci-dessous) pour charger les images d’un seul message.
Outlook
- Outlook classique pour Windows bloque par défaut le téléchargement automatique des images, et Microsoft cite parmi ses raisons le fait de « vous aider à éviter les pixels de suivi ». Pour le vérifier, allez dans « File » > « Options » > « Trust Center » > « Trust Center Settings » (Fichier > Options > Centre de gestion de la confidentialité > Paramètres du Centre de gestion de la confidentialité) et assurez-vous que la case qui commence par « Don’t download pictures automatically » (Ne pas télécharger automatiquement les images) est cochée. Dans Outlook pour Microsoft 365, les options se trouvent dans l’onglet « Automatic Download » (Téléchargement automatique). Ajouter un expéditeur aux « Safe Senders » (expéditeurs approuvés) débloque ses images, pixels compris, et vos contacts Outlook comptent par défaut comme expéditeurs approuvés.
- Nouvel Outlook pour Windows : en date de septembre 2026, les pages d’aide de Microsoft ne décrivent aucun réglage de téléchargement des images pour cette version. Si vous voulez que les images soient désactivées par défaut sous Windows, Outlook classique et Thunderbird les bloquent.
- Outlook pour Mac ne télécharge pas les images d’Internet par défaut. Dans le nouvel Outlook pour Mac, choisissez « Outlook » > « Settings » (Réglages), sélectionnez « Reading » (Lecture) sous « Email » (Courriel), puis, sous « Download external images » (Télécharger les images externes), choisissez « Ask before downloading » (Demander avant de télécharger).
- Outlook pour iPhone et Android télécharge les images, sauf si vous choisissez « Block external images » (Bloquer les images externes) ou « Load images for safe senders » (Charger les images des expéditeurs approuvés). Touchez la bannière dans un message pour en charger les images.
- Outlook.com charge les images par le proxy d’images de Microsoft. Dans « Settings » > « General » > « Privacy and data » (Paramètres > Général > Confidentialité et données), laissez cochée l’option « Always use the Outlook service to load images » (Toujours utiliser le service Outlook pour charger les images). Microsoft prévient que sans elle, « vos renseignements personnels pourraient être menacés ». Pour bloquer les images des expéditeurs que vous n’avez pas approuvés, allez dans « Settings » > « Mail » > « Junk email » (Paramètres > Courrier > Courrier indésirable) et, sous « Security options » (Options de sécurité), sélectionnez « Block attachments, pictures, and links from anyone not in my Safe senders and domains list » (Bloquer les pièces jointes, les images et les liens de toute personne absente de ma liste d’expéditeurs et de domaines approuvés). Cela bloque aussi les liens et les pièces jointes de ces expéditeurs.
Autres apps et services
- CatchNone garde les images distantes, y compris la plupart des pixels espions, bloquées dans chaque message jusqu’à ce que vous touchiez « Charger les images », et son interrupteur « Charger les images distantes », dans Réglages → Apparence, est désactivé par défaut.
- Fastmail va chercher les images distantes par ses propres serveurs, de sorte que « l’hébergeur de l’image ne connaîtra toujours pas votre adresse IP ni votre navigateur ». Cela ne vaut que dans l’interface Web et l’app mobile de Fastmail, pas quand vous lisez votre courrier Fastmail dans une autre app. Pour qu’on vous le demande d’abord, allez dans « Settings » > « Mail preferences » (Paramètres > Préférences de courrier), puis, sous « Reading » > « Remote images » (Lecture > Images distantes), choisissez « Always ask before showing remote images » (Toujours demander avant d’afficher les images distantes).
- Proton Mail active « Block email tracking » (Bloquer le pistage des courriels) par défaut. Ce réglage se fait appareil par appareil : « Settings » > « Email privacy » (Paramètres > Confidentialité des courriels) sur le Web et dans l’app de bureau, et « Settings » > « Privacy and security » (Paramètres > Confidentialité et sécurité) dans les apps mobiles.
- Thunderbird bloque le contenu distant par défaut.
- Yahoo Mail a documenté ce choix pour la dernière fois pour son ancienne version de bureau : « Settings » > « More Settings » > « Viewing email » > « Show images in messages » > « Ask before showing external images » (Paramètres > Plus de paramètres > Affichage des courriels > Afficher les images dans les messages > Demander avant d’afficher les images externes). Vérifiez le menu actuel avant de vous y fier.
- Les services d’alias de transfert comme addy.io (sur ses forfaits payants), Firefox Relay et DuckDuckGo Email Protection peuvent retirer les pixels connus avant de transférer le courrier vers votre boîte de réception. Retirer les pixels ne change rien au suivi des liens.
- Des extensions de navigateur signalent les pisteurs dans Gmail. Vérifiez quel accès à votre courrier elles demandent; le réglage des images de votre app de courriel reste le moyen le plus fiable.
Bloquer les images arrête-t-il tout le suivi?
Non. Bloquer les images arrête les pixels, mais les liens font l’objet d’un suivi distinct. Les plateformes d’infolettres remplacent chaque lien par un autre qui passe par leur propre serveur. Mailchimp explique qu’un clic « redirige les destinataires par les serveurs de Mailchimp » vers l’adresse réelle, et la redirection est enregistrée. Le clic s’ouvre dans votre navigateur : ce serveur voit donc votre véritable adresse IP, même si votre app de courriel passe les images par un proxy. Mailchimp compte aussi un clic comme une ouverture, et se sert des « données de clics » pour situer les contacts dont Apple masque les ouvertures.
Apple indique que la « Protection de la confidentialité dans Mail » « ne s’étend pas aux liens ni aux pièces jointes ». Proton Mail retire des liens les paramètres de suivi connus sur le Web, mais précise que les paramètres propres à certaines entreprises peuvent être difficiles à détecter pour lui. Si vous voulez seulement aller sur le site de la boutique, tapez son adresse au lieu de cliquer.
Les expéditeurs de pourriels savent-ils si vous ouvrez leurs courriels?
Parfois. Si votre app charge les images directement depuis le serveur de l’expéditeur, un pixel lui apprend que l’adresse fonctionne. Microsoft explique que télécharger une image d’Internet « peut signaler à l’expéditeur que votre adresse courriel est active et que vous avez reçu le message ».
- Images chargées directement : l’expéditeur apprend que l’adresse est active, quand vous avez ouvert le message et à peu près où vous êtes.
- Images chargées par un proxy (Gmail, Outlook.com, Fastmail) : habituellement l’ouverture, mais pas votre adresse IP ni votre appareil.
- Mail d’Apple avec « Protéger votre activité dans Mail » : chaque message livré semble ouvert, donc l’expéditeur ne peut pas savoir si vous l’avez lu, même si le chargement en arrière-plan montre quand même que le message a atteint une boîte courriel utilisée.
- Images bloquées : le pixel n’envoie rien.
Beaucoup d’apps retiennent aussi les images dans les pourriels. Gmail n’affiche pas les images des messages qu’il juge suspects, Fastmail bloque toujours les images distantes dans le dossier Spam, et Mail sur Mac n’affiche jamais le contenu distant des messages marqués comme indésirables.
Dans n’importe quelle app, répondre ou cliquer sur un lien confirme votre adresse, y compris les liens de désabonnement. La façon dont ils ont obtenu votre adresse au départ est expliquée dans comment les expéditeurs de pourriels obtiennent les adresses courriel.
Les pixels espions dans les courriels sont-ils légaux?
Cela dépend de l’endroit où vous et l’expéditeur vous trouvez. En bref : les autorités du Royaume-Uni et de l’Union européenne appliquent aux pixels dans les courriels leurs règles sur le stockage ou la lecture d’information dans votre appareil (les mêmes règles qui sont à l’origine des bannières de témoins, en plus du RGPD). Un expéditeur qui suit vos ouvertures individuellement a donc généralement besoin de votre consentement là-bas, sauf exceptions limitées. Les États-Unis n’ont aucune règle fédérale qui vise les pixels dans les courriels.
Royaume-Uni
L’ICO a finalisé ses lignes directrices sur les technologies de stockage et d’accès le 29 avril 2026, après que la Data (Use and Access) Act a modifié les Privacy and Electronic Communications Regulations (PECR). Elles visent nommément les pixels de suivi. La plupart des activités de marketing par courriel relèvent de l’article 22, mais « lorsque des pixels de suivi stockent de l’information (ou accèdent à de l’information stockée) dans l’appareil d’un utilisateur, l’article 6 s’applique ». L’article 6 exige un consentement conforme à la norme du RGPD du Royaume-Uni (UK GDPR), sauf si une exception s’applique. La nouvelle exception pour les statistiques « ne vous permet pas de surveiller ni de suivre des visiteurs individuellement ».
Union européenne et France
Le Comité européen de la protection des données (CEPD), dans ses lignes directrices 2/2023 (version 2.0, adoptées le 7 octobre 2024), affirme que l’article 5(3) de la directive ePrivacy s’applique aux pixels de suivi et aux liens de suivi dans les courriels. C’est la règle selon laquelle stocker de l’information dans votre appareil ou y lire de l’information exige votre consentement, sauf si c’est strictement nécessaire à un service que vous avez demandé.
La recommandation finale de la CNIL (version originale en français), adoptée le 12 mars 2026 et publiée le 14 avril 2026, est la plus précise. Elle indique qu’en droit français, les expéditeurs ont besoin de votre consentement pour utiliser des pixels afin d’analyser les taux d’ouverture et d’améliorer leurs campagnes, de bâtir des profils pour vous cibler ailleurs ou de détecter la fraude. Seules deux utilisations en sont exemptées : la sécurité de l’authentification, et une vérification de la délivrabilité qui ne conserve que la date de votre dernière ouverture, dans des courriels que vous avez demandés, comme des confirmations de commande. Ignorer une demande de consentement équivaut à un refus, et vous pouvez porter plainte auprès de la CNIL.
États-Unis
La loi fédérale sur les courriels commerciaux, CAN-SPAM, ne mentionne pas le suivi des ouvertures : les exigences du guide de conformité de la Federal Trade Commission (FTC) portent sur des éléments comme des en-têtes honnêtes, une adresse postale et un moyen de désabonnement qui fonctionne. Des poursuites ont plutôt invoqué des lois plus anciennes sur la protection de la vie privée. Dans Smith v. Target (13 novembre 2025), la Cour d’appel de l’Arizona a statué que les données des « pixels espions » (spy pixels) contenus dans des courriels de marketing ne relèvent pas de la loi de l’Arizona sur les registres de communications. Cette décision ne vise que la loi d’un seul État.
Peut-on ouvrir un pourriel ou un courriel indésirable sans danger?
Dans une app de courriel à jour, ouvrir un pourriel présente peu de risques. Le danger vient des clics sur les liens, de l’ouverture des pièces jointes et de la saisie de mots de passe ou de numéros de carte. La FTC prévient que « les fraudeurs envoient parfois des courriels d’hameçonnage avec des pièces jointes ou des liens qui, une fois ouverts ou cliqués, installent un logiciel malveillant sur l’appareil ». Apple conseille : « Ne suivez pas les liens et n’ouvrez ni n’enregistrez les pièces jointes des messages suspects ou non sollicités. »
L’ouverture comporte deux risques moindres. Si les images se chargent directement, elle peut confirmer votre adresse : gardez donc le chargement automatique des images désactivé et ne répondez pas. De plus, de rares failles de sécurité ont été déclenchées par la simple réception ou ouverture d’un message. La faille d’Outlook de Microsoft CVE-2023-23397 pouvait être exploitée dès qu’Outlook récupérait et traitait le message, avant même qu’il apparaisse dans le volet de lecture (Preview Pane). En 2020, iOS 13.5 a corrigé deux failles de Mail déclenchées par un message conçu à cette fin. Les trois ont été corrigées il y a longtemps, et c’est pourquoi les mises à jour comptent.
Dans Gmail, le risque est encore plus faible : Google analyse chaque message à la recherche de contenu suspect et vérifie si les images contiennent des logiciels malveillants connus.
Ignorez le lien de désabonnement des pourriels évidents. Les conseils sur l’hameçonnage, archivés, de la Cybersecurity and Infrastructure Security Agency (CISA) des États-Unis recommandent de ne cliquer sur aucun lien, « y compris un lien de “désabonnement” ». Les exceptions sont expliquées dans quand un lien de désabonnement est sûr. Marquez plutôt le message comme pourriel ou courriel indésirable; ce qui réduit vraiment les pourriels va plus loin.
Ouvrir un pourriel sur iPhone
Gardez iOS à jour. Dans Mail, laissez « Protéger votre activité dans Mail » ou « Bloquer tout le contenu distant » activé (étapes ci-dessus). Ne touchez pas les liens dans les pourriels; Apple suggère de toucher un lien de façon prolongée pour voir où il mène vraiment. Déplacez les pourriels dans le dossier « Courrier indésirable » : pour Mail iCloud, c’est aussi ainsi qu’Apple vous demande de les signaler.
Si vous l’avez déjà ouvert ou avez cliqué sur un lien
Si vous l’avez seulement ouvert, marquez-le comme pourriel ou courriel indésirable, puis supprimez-le. Si vous avez cliqué sur un lien, téléchargé quelque chose ou entré un mot de passe, un numéro de carte ou d’autres renseignements personnels, suivez ce qu’il faut faire après avoir cliqué sur un lien suspect.
Comment CatchNone fait taire les pixels
CatchNone est une app d’alias de courriel pour iPhone, iPad et Mac qui fait taire les pixels par défaut. Les messages s’ouvrent avec leur JavaScript désactivé, et les images distantes, dont la plupart des pixels espions, restent bloquées jusqu’à ce que vous touchiez « Charger les images » pour ce message. L’interrupteur « Charger les images distantes », dans Réglages → Apparence, est désactivé par défaut. Chaque boutique, infolettre ou compte reçoit aussi sa propre adresse, soit une adresse @catchnone.com aléatoire, qui nécessite Premium, soit une adresse sur un domaine qui vous appartient, et chaque message montre quel alias il a atteint. Si un pixel confirme quand même une adresse, il s’agit d’un seul alias, pas de votre adresse courriel principale; quelle adresse utiliser pour vos inscriptions explique pourquoi cela aide.
L’app bloque tout le contenu distant plutôt que de détecter les pixels : charger les images d’un message indique donc à l’expéditeur que vous l’avez ouvert, et les liens restent tels quels, y compris ceux qui font l’objet d’un suivi. Elle couvre le courrier que vous lisez dans CatchNone, qui fonctionne en réception seulement : elle n’envoie, ne répond et ne transfère jamais rien. Téléchargez CatchNone, offerte sur iPhone, iPad et Mac.
FAQ
Comment savoir si un courriel contient un pixel espion?
Habituellement, vous ne pouvez pas le voir à l’œil nu. La BBC notait en 2021 que « sans logiciel spécialisé, il n’est pas facile de repérer les courriels qui contiennent un pixel de suivi ». Si le chargement automatique des images est désactivé, un message qui demande à charger du contenu distant peut en contenir un. Dans Gmail sur le Web, « More » > « Show original » (Plus > Afficher l’original) affiche le message brut, où une image de 1×1 avec une longue adresse unique est un indice sérieux.
Les gens peuvent-ils voir si j’ouvre leur courriel?
Souvent, oui. Si votre app de courriel charge les images, même par un proxy comme celui de Gmail, toute personne qui ajoute un pixel peut habituellement voir que vous avez ouvert le message, et quand. Des particuliers le font aussi : en 2021, le cofondateur de Hey a dit à la BBC que des vendeurs et des consultants peuvent dire : « J’ai vu que vous avez ouvert mon courriel hier, mais vous n’avez pas encore répondu. » Les accusés de lecture, c’est autre chose : la norme (RFC 8098) recommande de vous demander d’abord votre accord, les comptes Gmail personnels ne peuvent pas en demander, et Outlook.com ne peut le faire qu’à partir d’Outlook pour Windows. Bloquer les images, ou activer « Protéger votre activité dans Mail », empêche les pixels de révéler vos ouvertures.
Un pixel espion, est-ce la même chose qu’un témoin?
Non. Un témoin (cookie) est stocké par votre navigateur, alors qu’un pixel est une image que votre app va chercher. Les autorités appliquent pourtant les mêmes règles aux deux. L’ICO range les pixels de suivi aux côtés des témoins dans le cadre des PECR, et le CEPD applique aux deux le même article de la directive ePrivacy.
Les pisteurs dans les courriels fonctionnent-ils encore?
Oui, mais avec moins de détails qu’avant. Selon les chiffres de juillet 2026 de Litmus, Apple représentait 62 % des ouvertures suivies par Litmus, et Gmail 27 %. Litmus a enregistré chaque ouverture dans Gmail par le cache d’images de Google et ne considère pas comme fiables les ouvertures provenant de la « Protection de la confidentialité dans Mail » d’Apple. Quand Hey a analysé son trafic pour la BBC en 2021, les deux tiers des courriels envoyés aux comptes personnels de ses utilisateurs contenaient un pixel, même en excluant les pourriels.